Loi simplification économique : ce que les dirigeants doivent vérifier - Avity - Cabinet d'avocats %

La loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique, publiée au Journal officiel du 27 mai 2026, modifie plusieurs règles intéressant directement les entreprises, les dirigeants, les commerçants, les exploitants agricoles et les groupes familiaux. Le texte poursuit un objectif général d’allègement des contraintes administratives, d’amélioration de la trésorerie des entreprises et d’accélération de certains projets économiques.

Pour les dirigeants de TPE, PME, ETI, exploitations agricoles ou sociétés commerciales, cette réforme doit être rapprochée des enjeux de droit des sociétés.

La loi simplification économique ne constitue toutefois pas une réforme générale du droit des sociétés. Les revues juridiques soulignent au contraire le caractère hétérogène du texte, qui touche à la fois aux transmissions d’entreprise, aux baux commerciaux, aux sanctions économiques, aux relations bancaires, à l’assurance, à l’urbanisme commercial et à plusieurs mécanismes de simplification administrative.

Pour les entreprises implantées à Bordeaux, en Gironde ou en Nouvelle-Aquitaine, l’enjeu est donc pratique : identifier les mesures réellement applicables, écarter celles qui ont été censurées et adapter les procédures internes lorsque cela est nécessaire.

Loi simplification économique : une réforme à lire avec prudence

La loi simplification économique a beaucoup évolué au cours des débats parlementaires. Le texte initial a été largement enrichi avant sa promulgation, puis plusieurs dispositions ont été censurées par le Conseil constitutionnel comme cavaliers législatifs. La revue La Semaine Juridique Social relève notamment que le volume du texte a triplé au cours de son examen parlementaire, passant de 28 à 84 articles, avant la censure partielle ou totale de 25 articles.

Cette précision est importante pour les dirigeants : certaines mesures largement commentées pendant les débats ne sont finalement pas entrées en vigueur.

Attention à la mesure SARL censurée

Le projet initial comportait une mesure relative à la tenue dématérialisée de certaines assemblées ou réunions de SARL. Cette mesure ne doit pas être présentée comme applicable.

L’article 23, relatif à l’extension aux SARL de la faculté de tenir certaines assemblées et réunions par voie dématérialisée, a été déclaré contraire à la Constitution. Les commentaires doctrinaux rappellent que ces dispositions censurées avant la promulgation ne sont pas entrées en vigueur.

En pratique, les statuts de SARL peuvent toujours être relus et adaptés, mais il ne faut pas fonder une nouvelle pratique d’assemblée sur cette disposition censurée.

Loi simplification économique et cession d’entreprise : ce qui change

La réforme modifie le dispositif d’information des salariés en cas de vente de fonds de commerce ou de cession d’une participation majoritaire dans certaines sociétés.

Les commentaires Francis Lefebvre résument l’évolution : la loi réduit le champ d’application du dispositif d’information des salariés en cas de vente de fonds de commerce ou d’une participation majoritaire, tout en allégeant son régime.

Avant toute vente de fonds de commerce, cession de titres ou transmission familiale, un accompagnement en <a href= »/droit-des-societes/ »>cession et transmission d’entreprise</a> peut permettre de sécuriser le calendrier et les obligations d’information.

Entreprises avec CSE à attributions élargies

Dans les entreprises dotées d’un comité social et économique exerçant des attributions élargies, l’information directe des salariés est supprimée. L’information-consultation du CSE demeure, selon les règles de droit commun du code du travail.

Cette évolution peut concerner des PME ou groupes structurés, notamment dans le commerce, la distribution, l’agroalimentaire, la filière vitivinicole ou les services.

Entreprises sans CSE à attributions élargies

Dans les entreprises dépourvues d’un tel CSE, l’information des salariés reste applicable, mais elle est allégée.

Le délai d’information préalable est ramené de deux mois à un mois. Le plafond de l’amende civile encourue en cas de manquement est abaissé de 2 % à 0,5 % du prix de vente. Les nouvelles dispositions s’appliquent aux ventes conclues à compter du 26 juillet 2026.

En matière de cession d’entreprise, la loi simplification économique ne supprime donc pas toute formalité. Elle réduit certains délais et certains risques financiers, mais impose toujours une vérification précise du calendrier et du champ d’application.

Points à vérifier avant une cession

Avant une cession de fonds, de parts sociales, d’actions ou de valeurs mobilières, il convient notamment de vérifier :

  • l’existence ou non d’un CSE ;
  • le seuil d’effectif applicable ;
  • la nature exacte de l’opération ;
  • le calendrier de signature ;
  • les documents transmis aux salariés ou au CSE ;
  • la preuve de l’information ou de la consultation ;
  • l’articulation avec la confidentialité des négociations.

Pour une transmission d’entreprise familiale, une cession de domaine viticole, une vente de fonds commercial ou une reprise d’exploitation, ces vérifications doivent être anticipées.

Transmission de PME : un rescrit-valeur plus sécurisant

La loi comporte également une mesure utile pour les dirigeants qui envisagent une transmission par donation.

En matière de rescrit-valeur, l’article 8 introduit, pour les microentreprises et les PME, un mécanisme d’acceptation implicite. Lorsque l’administration fiscale ne répond pas dans un délai de six mois, son silence vaut validation de la valeur vénale proposée, sous réserve des conditions applicables.

Cette évolution peut intéresser les dirigeants souhaitant anticiper la transmission :

  • d’une entreprise familiale ;
  • d’une société commerciale ;
  • d’une exploitation agricole ;
  • d’un domaine viticole ;
  • de titres de société opérationnelle.

Cette mesure ne dispense pas de préparer un dossier d’évaluation sérieux et documenté. Elle peut toutefois renforcer la sécurité juridique des transmissions pour les entreprises entrant dans son champ d’application.

Pour une exploitation agricole, un domaine viticole ou un négociant, ces vérifications peuvent être croisées avec les enjeux de droit rural et de droit de la vigne et du vin. 

Concentrations : des seuils relevés pour certaines opérations de croissance

La loi relève les seuils de notification des opérations de concentration auprès de l’Autorité de la concurrence.

Les seuils de droit commun sont portés de 150 à 250 millions d’euros pour le chiffre d’affaires mondial cumulé et de 50 à 80 millions d’euros pour le chiffre d’affaires réalisé en France par au moins deux parties. Dans le commerce de détail, les seuils passent de 75 à 100 millions d’euros et de 15 à 20 millions d’euros. Le nouveau dispositif entre en vigueur le 1er septembre 2026 et s’applique aux opérations notifiées à compter de cette date.

Cette évolution peut intéresser les dirigeants en cas de croissance externe, rapprochement de sociétés, acquisition de magasins, restructuration de groupe ou opération dans la distribution.

Le relèvement des seuils ne dispense pas d’une analyse préalable. Il convient notamment de vérifier le chiffre d’affaires consolidé des parties, la nature de l’opération, les marchés concernés et les obligations propres à certains secteurs.

Baux commerciaux : les effets pratiques de la loi simplification économique

La loi simplification économique comporte plusieurs mesures importantes pour les preneurs à bail commercial.

Les entreprises disposant de locaux commerciaux peuvent également faire relire leurs contrats au regard des règles applicables aux <a href= »/contrats-commerciaux/ »>contrats commerciaux</a> et aux baux.

Mensualisation du loyer commercial

L’article 62 crée un droit à la mensualisation du loyer commercial pour le locataire d’un local à usage commercial ou artisanal. Cette demande est possible à condition que le locataire ne présente pas d’arriérés de loyers ou de charges non contestés. La mensualisation prend effet à la prochaine échéance prévue par le bail et s’applique aux baux en cours à la date de promulgation de la loi.

Pour les commerçants, caves, restaurants, négociants, exploitants de boutiques ou sociétés disposant de locaux commerciaux en Gironde, cette mesure peut avoir un effet direct sur la trésorerie.

Dépôt de garantie et garanties locatives

La loi encadre également les garanties exigées du preneur.

Les sommes versées à titre de garantie, ainsi que la valeur des biens, titres, engagements et garanties de toute nature demandées pour assurer l’exécution du bail, ne peuvent excéder le montant des loyers dus au titre d’un trimestre.

En cas de mutation du local, l’obligation de restitution des sommes versées est transmise au nouveau bailleur. La mutation entraîne aussi la caducité de certaines garanties, avec des obligations de restitution et de mainlevée à la charge du bailleur cédant.

Clause résolutoire et délais de paiement

La réforme encadre plus strictement les conditions dans lesquelles le juge peut suspendre les effets de la clause résolutoire et accorder des délais de paiement au locataire.

L’objectif est de réserver l’octroi de délais aux situations dans lesquelles la poursuite du bail apparaît économiquement viable, notamment lorsque le preneur est en capacité de régler sa dette locative et a repris le paiement du loyer courant.

Points à relire dans les baux commerciaux

Il peut être utile de vérifier :

  • la périodicité du paiement du loyer ;
  • le montant du dépôt de garantie ;
  • les cautions, garanties autonomes ou sûretés ;
  • la clause d’indexation ;
  • la clause résolutoire ;
  • les délais applicables en cas d’impayé ;
  • les conditions de restitution des garanties ;
  • la situation du bail en cas de cession de l’immeuble.

Droit de préférence du locataire : des locaux mieux définis

La loi précise également les notions de local à usage commercial et de local à usage artisanal pour l’application du droit de préférence du locataire en cas de vente du local.

Les commentaires doctrinaux relèvent que cette clarification vise à recentrer le droit de préférence sur les locaux effectivement affectés à une activité commerciale ou artisanale, en excluant notamment les locaux à usage exclusif de bureau et les entrepôts.

Cette évolution peut intéresser les commerçants, artisans, exploitants de points de vente, caves, boutiques de domaines viticoles, espaces de dégustation ou locaux de vente directe, sous réserve d’une analyse précise de l’usage réel du local.

Banque, assurance et trésorerie : de nouveaux droits pour les entreprises

La loi simplification économique étend certaines règles bancaires aux microentreprises.

Les établissements de crédit devront fournir chaque année aux microentreprises un récapitulatif des frais liés aux comptes de paiement ou de dépôt. La loi clarifie aussi la gratuité de la clôture de tout compte de dépôt ou compte sur livret, qu’il appartienne à une personne physique ou morale.

L’entrée en vigueur est échelonnée. Certaines dispositions entreront en vigueur le 1er janvier 2027, tandis que l’extension aux microentreprises de l’obligation de fournir un récapitulatif annuel des frais bancaires s’appliquera un an après la promulgation de la loi, soit le 26 mai 2027.

Pour une TPE, une exploitation agricole, une société viticole ou une PME, ces mesures peuvent justifier une revue des frais bancaires, des conventions de compte et des conditions de clôture.

Sanctions des dirigeants : une simplification sans disparition du risque

La loi modifie plusieurs sanctions applicables aux dirigeants et responsables d’entreprise.

L’article 26 supprime certaines peines privatives de liberté pour des manquements principalement déclaratifs ou formels, mais les sanctions pécuniaires sont maintenues ou relevées. Sont notamment concernés le défaut de déclaration des bénéficiaires effectifs, la non-présentation des comptes annuels à l’assemblée générale ou certains manquements relatifs à l’information sur les groupes de sociétés.

Exemple important : en matière de bénéficiaires effectifs, la peine de six mois d’emprisonnement est supprimée, mais l’amende encourue passe de 7 500 € à 200 000 €.

La loi simplification économique ne doit donc pas être comprise comme une disparition du risque. Pour les dirigeants, le risque devient surtout financier, documentaire, déclaratif, organisationnel et réputationnel.

Il est recommandé de vérifier les obligations relatives :

  • aux bénéficiaires effectifs ;
  • aux comptes annuels ;
  • aux informations sur les groupes de sociétés ;
  • aux délégations internes ;
  • aux procédures de conformité ;
  • à la conservation des justificatifs.

Loi simplification économique : les actions à mettre en place

Pour les dirigeants, la loi simplification économique appelle une approche méthodique.

Il peut être opportun de :

  1. cartographier les opérations en cours : cession, acquisition, transmission, renouvellement de bail, restructuration ;
  2. vérifier les procédures de cession : CSE, information des salariés, délais, preuve de l’information ;
  3. relire les baux commerciaux : mensualisation, garanties, indexation, clause résolutoire ;
  4. auditer les obligations déclaratives : bénéficiaires effectifs, comptes annuels, informations financières ;
  5. préparer les transmissions familiales : rescrit-valeur, évaluation, calendrier fiscal ;
  6. contrôler les frais bancaires et contrats d’assurance : clôture de compte, relevés de frais, garanties professionnelles ;
  7. ne pas appliquer les mesures censurées, notamment sur les assemblées de SARL.

Pour une entreprise, une exploitation agricole, un domaine viticole, une cave, un négociant ou une société commerciale implantée à Bordeaux, en Gironde ou en Nouvelle-Aquitaine, un audit ciblé peut permettre d’identifier les mesures applicables et de sécuriser les documents internes.

En cas de désaccord entre associés, de difficultés d’exécution contractuelle ou de litige commercial, le cabinet peut également intervenir en <a href= »/contentieux-commercial/ »>contentieux commercial</a>.

FAQ

La loi simplification économique est-elle déjà applicable ?

Oui. La loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 a été publiée au Journal officiel du 27 mai 2026. Certaines mesures prévoient toutefois une entrée en vigueur différée, notamment en matière de cession, de banque ou de concentration.

Les assemblées de SARL peuvent-elles désormais être tenues librement à distance ?

Non. La mesure relative à l’extension aux SARL de certaines assemblées ou réunions dématérialisées a été censurée par le Conseil constitutionnel et n’est pas entrée en vigueur.

Que change la loi en cas de vente de PME ?

Le dispositif d’information des salariés est allégé. Dans les entreprises concernées, le délai d’information préalable est notamment ramené de deux mois à un mois, et le plafond de l’amende civile est abaissé à 0,5 % du montant de la vente.

Le loyer commercial peut-il être mensualisé ?

Oui. Le locataire d’un local commercial ou artisanal peut demander la mensualisation du loyer, à condition de ne pas avoir d’arriérés de loyers ou de charges non contestés.

Les sanctions des dirigeants sont-elles allégées ?

Certaines peines d’emprisonnement sont supprimées, mais plusieurs sanctions financières sont maintenues ou renforcées. La conformité documentaire reste donc essentielle.

Conclusion

La loi simplification économique ne doit pas être lue comme une simplification générale de toutes les obligations des dirigeants. Elle modifie plusieurs règles utiles pour les entreprises, mais impose aussi de nouvelles vérifications pratiques.

Les dirigeants doivent notamment être attentifs aux cessions d’entreprise, aux baux commerciaux, aux garanties locatives, aux obligations déclaratives, aux sanctions financières, aux frais bancaires et aux transmissions familiales.

Pour une entreprise, une exploitation agricole, un domaine viticole, une cave, un négociant ou une société commerciale implantée à Bordeaux, en Gironde ou en Nouvelle-Aquitaine, un accompagnement juridique peut être opportun lorsque la situation le justifie, notamment avant une cession, une transmission, une restructuration ou une renégociation de bail.

Cet article constitue une information juridique générale. Chaque situation doit être appréciée au cas par cas, au regard des textes applicables, des contrats en cours et de la situation propre de l’entreprise.


À propos du cabinet AVITY

AVITY est un cabinet d’avocats  à Bordeaux dédié au conseil et au contentieux des entreprises, des sociétés, des exploitations agricoles et des acteurs de la filière vitivinicole. Le cabinet intervient en droit des affaires et des entreprises, droit agricole et rural, droit du vin, de la vigne et des spiritueux, ainsi qu’en contentieux commerciaux, principalement en Gironde, en Nouvelle Aquitaine et sur l’ensemble du territoire français.